Journée du Muay Thai

Qu'est-ce que la Journée du Muay Thai ?

Le muay thaï est tellement vénéré en Thaïlande qu’il ne fait pas l’objet d’une seule journée fériée, mais bien de deux journées nationales consacrées à l’« art des huit membres ». La Journée du muay thaï est célébrée à la fois le 6 février et le 17 mars, chacune de ces dates étant associée à un thème original qui met à l’honneur un aspect spécifique de l’histoire de ce sport. La date de février rend hommage au roi Sanphet VIII, un monarque thaïlandais qui pratiquait lui-même le muay thaï et a promu ce sport comme passe-temps national. Quant à la date de mars, elle commémore l’héroïsme légendaire de Nai Khanom Tom, un combattant qui a regagné sa liberté en battant plusieurs adversaires birmans.

Y aurait-il plus d’une « Journée du Muay Thai » ?

Voici un bref aperçu de chaque « Journée du Muay Thai » et de l’événement historique lié au Muay Thai que la Thaïlande a choisi de célébrer ce jour-là.

  • 17 mars : Cette journée est communément appelée « Journée du Muay Thai » ou « Journée de Nai Khanom Tom ». Elle rend hommage au légendaire combattant de Muay Thai Nai Khanom Tom qui, selon la légende, aurait vaincu plusieurs combattants birmans et ainsi regagné sa liberté. Cette journée est souvent célébrée par des combats, des démonstrations et des cérémonies traditionnelles telles que le Wai Kru.
  • 6 février : Connue sous le nom de « Journée nationale du muay thaï », cette journée célèbre le couronnement du « Roi Tigre », le roi Sanphet VIII, également connu sous le nom de Phra Chao Sua. Ce dernier était également un combattant de muay thaï et a encouragé la pratique de cet art martial parmi ses soldats, principalement pour les maintenir en forme. Cette journée a été officiellement instituée en 2011 par le Bureau de la Commission nationale de la culture de Thaïlande et bénéficie du soutien de la Fédération internationale de muay thaï amateur (IFMA).

Ces deux journées offrent aux passionnés l’occasion de célébrer la riche histoire, la culture et les techniques du muay thaï. Alors que la célébration du 17 mars met davantage l’accent sur l’héroïsme de Nai Khanom Tom, celle du 6 février souligne les liens historiques de ce sport avec la royauté thaïlandaise et son importance en tant que passe-temps national.

Journée nationale du muay thai

Journée du Muay Thai / Journée de Nai Khanom Tom – 17 mars

La Journée de Nai Khanom Tom, célébrée le 17 mars, est la plus populaire des deux et mieux connue sous le nom de « Journée du Muay Thai ». Cette journée rend hommage à Nai Khanom Tom, considéré comme le « père du Muay Thai ». Ce combattant de Muay Boran a réussi à se battre pour retrouver sa liberté alors qu’il était retenu captif.

L’histoire de Nai Khanom Tom

L’histoire de Nai Khanom Tom est une légende source d’inspiration dans le monde du muay thaï et de la culture thaïlandaise en général. Bien qu’elle puisse comporter des éléments mythiques, elle constitue un récit puissant qui s’est transmis de génération en génération. En voici le récit détaillé :

La captivité et le défi

En 1767, l’ancien royaume thaï d’Ayutthaya tomba aux mains des envahisseurs birmans, ce qui entraîna la capture de nombreux Thaïlandais, dont Nai Khanom Tom. Il fut emmené en Birmanie en tant que prisonnier de guerre et y fut retenu captif. Pendant sa captivité, le roi birman Mangra organisa un festival de sept jours et sept nuits en l’honneur du Bouddha. Dans le cadre de ces festivités, il fut décidé d’organiser une série de démonstrations de combat pour divertir le roi et la cour.

Le roi Mangra, désireux de tester les compétences au combat de ses prisonniers face à ses propres combattants, choisit Nai Khanom Tom pour participer à un tournoi qui l’opposerait aux meilleurs combattants birmans. Il s’agissait non seulement de mettre en valeur les talents individuels, mais aussi de présenter les techniques de combat des deux nations.

Les combats légendaires

Avant le début du combat, Nai Khanom Tom exécuta le Wai Kru, une danse traditionnelle du muay thaï destinée à rendre hommage à ses maîtres et à ses ancêtres, tout en servant d’échauffement. Ce rituel intrigua les spectateurs birmans et le roi Mangra, mais ils le laissèrent poursuivre. Une fois la danse terminée, Nai Khanom Tom s’est engagé dans le combat contre son adversaire birman et l’a rapidement vaincu.

Impressionné mais sceptique, le roi Mangra déclara que cette victoire n’était peut-être qu’un coup de chance. Il envoya alors d’autres combattants pour défier Nai Khanom Tom. L’un après l’autre, ils tombèrent. Selon la légende, Nai Khanom Tom aurait vaincu neuf ou dix combattants d’affilée, tous le même jour, sans aucune pause entre les combats.

Liberté et héritage

Stupéfait par cet exploit et impressionné par l’habileté du combattant, le roi Mangra accorda sa liberté à Nai Khanom Tom et déclara : « Chaque partie du corps d’un Thaïlandais est dotée d’un venin si puissant que, même à mains nues, il peut terrasser dix adversaires. » Le roi lui proposa alors de choisir entre une récompense en argent ou deux épouses birmanes. Nai Khanom Tom choisit les épouses, affirmant que l’argent était plus facile à trouver. Il rentra en Thaïlande en héros et continua à pratiquer et à promouvoir le muay thaï.

Aujourd’hui encore, ses exploits sont célébrés chaque année le 17 mars, à l’occasion de la « Journée du Muay Thai » ou « Journée de Nai Khanom Tom ». La légende de Nai Khanom Tom reste un pilier de l’identité du Muay Thai, inspirant d’innombrables combattants et passionnés à viser l’excellence, tant sur le ring qu’en dehors.

Journée de Muay Thai : les combattants

Journée nationale du Muay Thai – 6 février

Si le 17 mars rend hommage au légendaire combattant Nai Khanom Tom, le 6 février revêt quant à lui une importance toute particulière. Officiellement proclamée « Journée du Muay Thai », cette date rend hommage au roi Sanphet VIII, également connu sous le nom de Phra Chao Sua ou « Roi Tigre », et commémore le jour de son couronnement en 1702. L’importance de cette journée est renforcée par l’implication du gouvernement royal thaïlandais, qui organise un grand festival en collaboration avec la Commission nationale de la culture du ministère de la Culture.

Lors du festival organisé à l’occasion de la Journée nationale du Muay Thai, les festivités débutent par une cérémonie spéciale rendant hommage au regretté « Tiger King ». Elle est suivie d’une série éblouissante de démonstrations de Wai Kru mettant en avant tous les styles de Muay Boran : Muay Lopburi, Muay Chaiya, Muay Korat, et bien d’autres encore.

Le roi des tigres

« Le Roi Tigre », alias le roi Sanphet VIII du royaume d’Ayutthaya, également connu sous son titre de Phra Chao Suea. Il a régné entre la fin du XVIIe et le début du XVIIIe siècle, et le jour de son couronnement est fixé au 6 février 1702. Ce roi était un monarque hors du commun, dans la mesure où il n’était pas seulement un souverain, mais aussi un pratiquant chevronné de muay thaï qui se déguisait en roturier pour participer à des tournois organisés dans les temples à travers tout le pays.

À une époque où les arts martiaux étaient principalement considérés comme un moyen d’autodéfense ou d’entraînement militaire, le roi Sanphet VIII s’est distingué en tant que mécène royal du muay thaï. Il a encouragé la pratique de cet art martial ancestral non seulement parmi les soldats, mais aussi au sein de la population en général. Son règne fut marqué par une période de paix, durant laquelle le muay thaï s’est transformé en sport et en passe-temps national, avec des compétitions organisées dans tous les villages du pays.

Il n’est pas seulement un dirigeant, mais aussi un symbole de l’importance historique et culturelle du muay thaï en Thaïlande. Son soutien a contribué à faire du muay thaï bien plus qu’un simple art martial : il est devenu une partie intégrante de l’identité nationale thaïlandaise, ce qui explique pourquoi la Journée nationale du muay thaï est tenue en si haute estime.

Journée du Muay Thai 2023

Journée nationale du Muay Thai 2023

Cette année, la Journée nationale du Muay Thai, célébrée le 6 février, n’a pas été une simple journée de fête, mais un événement historique qui est entré dans les annales. Dans une impressionnante démonstration d’unité et de fierté culturelle, un record du monde Guinness a été établi : 3 660 participants se sont rassemblés pour réaliser la plus grande cérémonie collective de Wai Kru au monde. Le Wai Kru est un rituel essentiel du muay thaï au cours duquel les combattants rendent hommage à leurs professeurs, à leurs ancêtres et au sport lui-même ; il est généralement pratiqué avant un combat.

La cérémonie a été présidée par nul autre que Buakaw Banchamek, une figure vénérée au sein de la communauté du muay thaï. Son rôle de premier plan dans cet événement qui a battu tous les records a non seulement marqué une étape importante pour ce sport, mais a également symbolisé son pouvoir fédérateur et ses racines profondes dans la culture thaïlandaise. Ce qui a rendu cet événement encore plus remarquable, c’est la présence du Premier ministre thaïlandais Prayut Chan-o-cha. Sa présence a souligné l’importance nationale du muay thaï et sa valeur en tant que patrimoine culturel.

Buakaw est l’un des ambassadeurs internationaux les plus célèbres de ce sport. Il s’est fait connaître dans le monde entier grâce à sa participation aux tournois de K-1 et a affronté des combattants de très haut niveau, tant en muay thaï qu’en kick-boxing. Il a remporté de nombreux titres tout au long de sa carrière. Ce fut un honneur de le voir présider les festivités de la Journée nationale du muay thaï.

Cette année encore, des combattants tels que Stamp Fairtex et Nong-O Hama se sont produits dans le cadre de la Journée nationale du muay thaï. La célébration de cette fête ne cesse de prendre de l’ampleur. En établissant un record du monde Guinness, la Journée du muay thaï de cette année a démontré à quel point ce sport est désormais mondial et important. Cela montre que son influence s’étend bien au-delà des frontières de la Thaïlande, tout en conservant son identité thaïlandaise unique. Cette journée a revêtu plusieurs significations : une journée de fierté culturelle, une journée d’unité et, surtout, une journée qui rend hommage à l’héritage durable d’un art martial devenu synonyme de l’identité thaïlandaise.

Conclusion

Les deux célébrations de la Journée du Muay Thai, le 6 février et le 17 mars, constituent un événement emblématique qui rend hommage à l’histoire, au sport et à l’identité nationale. Le 6 février, qui commémore le « Roi Tigre », le roi Sanphet VIII, met en avant les racines royales et la profonde signification culturelle du muay thaï, illustrées cette année par une cérémonie collective de Wai Kru qui a établi un record du monde Guinness. Quant au 17 mars, il rend hommage à Nai Khanom Tom, un combattant légendaire qui incarne l’esprit et la force de caractère inhérents à l’art des huit membres. Ensemble, ces deux journées résument l’essence même du Muay Thai.