Teep Kick

Teep Kick – Coup de pied thaïlandais en poussée 

De par sa nature même, un combattant de muay thaï dispose d’un éventail d’outils offensifs et défensifs intégrés à son style de combat, allant des nombreux coups de genou aux coups de coude tranchants en passant par les coups de pied circulaires dévastateurs ; cependant, l’un des plus couramment utilisés est sans doute le coup de pied « teep ». Sur le papier, le « teep » est une technique de coup de pied assez simple ; cependant, comme tout mouvement de frappe dans n’importe quel sport de combat, il comporte de nombreuses nuances, différents styles et utilisations qui le rendent bien plus complexe. 

Un outil incontournable de nombreux styles de combat de Muay Thai, qu’il s’agisse des combattants pratiquant le combat à distance, comme le Muay femur et le Muay Tae, ou des combattants pratiquant le combat de pression, comme le Muay Khao et le Muay Bouk. Le coup de pied occupe une place essentielle dans l’arsenal de tout Nak Muay complet. Cet article se penchera sur la mécanique du coup de pied, ses utilisations et la manière de le contrer. 

Coup de pied « Teep » en Muay Thai
Teep Kick

Fonctionnement du Teep

Le coup de pied « teep » consiste principalement en une poussée directe à partir de la plante du pied, généralement avec le pied avant pour servir de « jab » à longue portée, ou avec le pied arrière pour un coup plus puissant visant à repousser l’adversaire. On retrouve ce type de technique dans presque tous les arts martiaux axés sur les frappes, du karaté au taekwondo.

Pour réussir son « Teep kick », le combattant devra :

  • Répartissez votre poids sur le pied arrière
  • Levez la jambe d’appui en la pliant au niveau du genou
  • Tendez la jambe d’appui vers l’avant de manière explosive 
  • Poussez avec les hanches 
  • Tendez complètement la jambe au moment où la plante du pied entre en contact avec l’adversaire.
  • La main arrière reste en hauteur pour protéger la tête
  • La main dominante s’abaisse pour aider à maintenir l’équilibre et à augmenter la puissance

Cette même « liste de contrôle » s’applique également au coup de pied arrière ; cependant, comme ce coup est porté depuis l’arrière du centre de gravité, généralement avec la jambe dominante du combattant, il est nettement plus puissant, mais son exécution prend plus de temps, ce qui le rend plus facile à contrer.

La cible du coup de pied « teep » est principalement le torse de l’adversaire, dans le but de le repousser et de le déséquilibrer ; cependant, cette cible peut être modifiée en pivotant davantage au niveau des hanches et en se penchant vers l’arrière pour porter un « teep » au visage (voir Anderson Silva contre Vitor Belfort) ou en conservant la posture thaïlandaise traditionnelle et en enchaînant des « teeps » plus courts et plus rapides à la cuisse afin de maintenir la distance et de contrer la pression vers l’avant de l’adversaire. 

Quand utiliser le « Teep Kick » ?

Dans le muay thaï, le coup de pied « teep » est largement utilisé pour évaluer la distance, repousser les adversaires, préparer des feintes et, parfois, provoquer un renversement ou un K.O.

En général, le meilleur moment pour porter un coup de pied « teep » au torse est lorsque l’adversaire avance ou s’apprête à lancer une attaque, ce qui signifie généralement qu’il a déplacé son poids ou soulevé un pied du sol ; cela perturbe son équilibre, ce qui permet au « teep » d’avoir un impact plus important, l’objectif final étant de le faire tomber pour marquer un maximum de points.

Avec les « teeps » au-dessus du torse, le timing est essentiel pour réussir : le combattant doit provoquer une ouverture en donnant des coups de pied au corps et aux jambes afin de forcer son adversaire à commettre une erreur, à baisser sa garde pour parer le coup ou contre-attaquer. Il enchaîne alors avec un « teep » avant ou arrière au visage, visant le menton pour faire basculer la tête en arrière et, si possible, mettre son adversaire K.O.  

Avec les coups de pied aux jambes, l’objectif est de perturber la foulée de l’adversaire, d’empêcher son avancée et, parfois, en choisissant le bon moment, de lui asséner un coup de pied haut sur la cuisse au moment où il tente de donner un coup de pied, afin de contrer son attaque. Ce coup de pied à la cuisse peut ouvrir la voie à plusieurs frappes utiles, le coup de pied circulaire avec la même jambe étant particulièrement efficace d’un point de vue technique.

Une autre utilisation essentielle du coup de pied « teep » consiste à préparer des frappes plus puissantes et à réduire la distance grâce à des feintes. Si l’adversaire s’habitue à vos attaques répétées avec le « teep » avant et arrière, un mouvement rapide consistant à lever le genou constituera une feinte suffisante pour projeter votre poids vers l’avant jusqu’à portée de genou, engager un corps à corps, ou décaler votre centre de gravité en pivotant les hanches pour lancer un puissant coup de pied circulaire au corps.

Comment contrer le coup de pied « teep »

Entraînement au Teep Kick

À l’image de la nature à la fois simple et complexe du coup de pied « teep », il existe plusieurs options pour le contrer, chacune s’accompagnant de ses propres stratégies. En général, pour contrer un « teep », il faut soit le repousser avec les mains ou les genoux, soit l’intercepter afin d’enchaîner avec des balayages ou des contre-coups de pied. 

Repousser le coup de pied permet de perturber la progression de l’attaque en la déviant en diagonale loin de vous, ce qui contraint l’adversaire à se retrouver dans un angle dangereux et à devoir retrouver son équilibre, ce qui offre l’occasion de déchaîner une rafale de coups sous forme de coups de poing ou de coups de pied ; le combattant peut également s’avancer pour engager un corps à corps et tenter des coups de coude et de genou. 

Lorsqu’on pare un coup de pied « teep », il est essentiel de repousser la jambe du coup avec la main du même côté que celle qui a donné le coup ; ainsi, un « teep » de gauche sera repoussé vers la gauche avec la main gauche. Si la jambe n’est pas repoussée du bon côté avec la main correspondante, le poids de l’adversaire se déplacera vers le combattant qui se défend, et ses pieds se poseront bien à plat, les hanches ouvertes, ce qui pourrait donner lieu à un coup de pied ou un coup de poing puissant, la chute du combattant venant renforcer la puissance de la frappe.

Lorsque vous effectuez une prise de jambe, il est essentiel de reculer légèrement au moment de saisir la jambe afin d’amortir l’impact, puis de saisir le pied avec la main opposée à celle qui tient la jambe, sous le talon, tandis que la même main le maintient en place horizontalement au-dessus du cou-de-pied. Ce placement des mains permet de contrôler plus fermement le pied et la jambe, réduisant ainsi au minimum le risque que l’adversaire ne se dégage.

En général, la contre-attaque qui suit un coup de pied « teep » intercepté consiste à ramener la jambe en travers du corps d’une main, en passant derrière celle-ci, tandis que l’autre main accompagne le mouvement de la jambe de défense pour balayer l’adversaire ; il existe toutefois de nombreuses attaques de suivi, allant des coups de coude à la cuisse aux coups de poing puissants à l’estomac, en passant par les coups de pied à la tête. 

Utilisé correctement, avec la bonne technique et au bon moment, il peut servir de base à un style de combat tel que le Muay Femur ; en revanche, s’il est mal exécuté, sa contre-attaque peut également être employée comme moyen de réduire la distance par des combattants spécialisés dans le combat rapproché, comme ceux pratiquant le Muay Mat

Le « teep » du muay thaï est l’une des techniques les plus utilisées, non seulement en muay thaï, mais aussi dans tous les sports de combat basés sur les frappes. Considérée comme l’un des meilleurs moyens de maintenir la distance et de perturber la position de l’adversaire, cette technique est régulièrement mise en œuvre lors des combats télévisés sur les scènes internationales, de l’UFC au Glory Kickboxing, en passant par les émissions de Muay Thai diffusées sur la chaîne thaïlandaise Channel 7.