Biographie et palmarès de Buakaw - Muay Thai et kick-boxing

Buakaw Banchamek : biographie, parcours de combattant, palmarès et héritage

Buakaw Banchamek est l’un des combattants de muay thaï les plus dominants et les plus influents de tous les temps. Le nom « Buakaw » signifie « lotus blanc », un surnom qui convient parfaitement à l’un des combattants les plus emblématiques de Thaïlande.

Issu d’une région rurale de Thaïlande, il s’est hissé au rang de superstar mondiale en imposant un style à la fois agressif et technique qui a fait de lui l’une des figures emblématiques de l’âge d’or du kick-boxing.

Même si les décisions arbitraires et les intrigues au sein de l’organisation ont souvent joué en sa défaveur, il s’est forgé un héritage qui a inspiré des générations de combattants et a contribué à faire rayonner le muay thaï sur la scène internationale.

Buakaw - Kickboxeur et boxeur thaï légendaire
Nom :Buakaw Banchamek
Nom thaï :Sombat Banchamech
Date de naissance :8 mai 1982
Lieu de naissance :Comté de Ban Song Nong, Samrong Thap, Surin, Thaïlande
Surnoms :Le lotus blanc, l’or noir
Salle de sport :Por. Pramuk Gym (1997-2012), Banchamek Gym (depuis 2012)
Années d’activité :De 1997 à aujourd’hui
Hauteur :1,74 m (5 pieds 8 pouces et demi)
Poids :71,5 kg (158 lb ; 11,26 st)
Catégories de poids :Poids plume, poids léger, poids welter, poids moyen
Championnats :Plus de 20 championnats du monde 

Le style de combat de Buakaw


Buakaw est un combattant de Muay Bouk, réputé pour sa pression constante et son rythme de combat soutenu. La clé de son approche résidait dans sa défense sans faille, qui lui permettait de se tenir directement face à ses adversaires tout en attirant leurs coups de poing dans le tourbillon de sa garde allongée, pour finalement les immobiliser en clinch — ce qui débouchait souvent sur une projection.

Cette solidité défensive faisait de lui un véritable mur de briques, ce qui lui permettait de submerger ses adversaires en attaque tout en restant difficile à atteindre. Sans ce niveau de maîtrise défensive, il n’aurait pas pu exercer sa pression implacable avec autant d’efficacité.

Playlist « Défense et contre-attaques de Buakaw » (parties 1 à 3)

Son coup de pied croisé rapide du pied gauche est l’une de ses techniques les plus connues ; il l’exécute sans presque rien laisser transparaître et l’utilise aussi bien en attaque qu’en défense pour déstabiliser ses adversaires.

Le coup de pied gauche de Buakaw contre les coups de poing

Son coup de pied bas droit constituait une autre arme décisive, qui faisait régulièrement perdre l’équilibre à ses adversaires.

Les meilleurs coups de pied bas de Buakaw

Son jeu au corps à corps s’est révélé si efficace lors des premiers tournois K-1 que l’organisation a modifié son règlement afin de limiter les échanges au corps à corps à un seul coup de genou avant la séparation. Cette règle a été introduite principalement pour l’empêcher de dominer ses adversaires à courte distance, en particulier Masato, qui avait du mal à le contrer dans ces échanges.

Avant de passer aux règles du kick-boxing, il était également réputé pour ses coups de coude, qui lui ont permis de mettre K.O. des combattants thaïlandais tels que Sakadpetch Sor, Sakunpan, Verhard Lookphabath et Mangkornyok Mor Somnuk dans les stades d’Omnoi, de Rajadamnern et de Lumpinee.

Les meilleurs coups de genoux et de coudes de Buakaw

Ses « teeps » (coups de pied poussés) ont été une arme constante tout au long de sa carrière, qu’il utilisait pour contrôler la distance, attaquer et se défendre.

Les meilleurs conseils de Buakaw

Les coups de pied hauts de Buakaw étaient rapides, bien placés et souvent assénés sans crier gare. Avant même d’accéder à la notoriété mondiale en 2004, il avait déjà remporté par KO grâce à ses coups de pied hauts face à Tongchai Por Prabaht, Sinchainoi Sor Kittichai et l’ancien champion des super-coqs du Lumpinee, Nontachai Sit-O.

Les meilleurs coups de pied à la tête de Buakaw

Bien qu’il soit surtout connu pour ses coups de pied, Buakaw s’est montré très efficace en boxe, mettant plusieurs adversaires KO avec ses deux mains, notamment grâce à des crochets du gauche et du droit à la tête et au corps.

Les meilleurs moments de Buakaw

Biographie et chronologie des combats


Les débuts (1982-2002)

Buakaw, de son vrai nom Sombat Banchamek, est né en 1982 dans la province de Surin, en Thaïlande. Il a disputé son premier combat à l’âge de huit ans, lors de fêtes de temple où de jeunes combattants mettaient leurs talents à l’épreuve devant un public local. Dès son adolescence, son potentiel était évident, ce qui l’a conduit à s’installer dans la province de Chachoengsao pour s’entraîner au Por Pramuk Gym. C’est là qu’il a développé le style agressif et les puissants coups de pied qui allaient marquer sa carrière.

À l’âge de 20 ans, il a remporté le championnat des poids légers de l’Omnoi Stadium en 2002, en battant Khunsuk Petchsupapan. La même année, il a participé au tournoi « Toyota Muay Thai Marathon 140 lbs », une soirée de combats multiples organisée au stade Lumpinee. Il a battu Samranchai 96 Penang en quarts de finale, Khunsuk Petchsupapan en demi-finales, puis s’est imposé par décision unanime face à Satoshi Kobayashi en finale.

Buakaw Banchamek - Vainqueur du Toyota Marathon dans la catégorie des 140 livres en 2002
Muay Siam salue l’agressivité, les enchaînements et les coups de pied bas de Buakaw lors du Toyota Muay Thai Marathon, le qualifiant d’étoile montante susceptible de connaître le succès à l’international. | Matichon
Buakaw contre Satoshi Kobayashi (JPN) – 14 décembre 2002 | Finale de la D4D Toyota Cup, stade Lumpinee (Bangkok, Thaïlande)

Ce succès l’a propulsé sur la scène internationale, ouvrant la voie à sa domination au sein du K-1 World MAX.

Domination au K-1 World MAX (2003-2007)

Buakaw a fait son entrée sur le circuit K-1 World MAX en 2003, accédant ainsi à une scène internationale où s’affrontaient les meilleurs combattants en combat debout selon des règles de kick-boxing adaptées. Son style agressif a immédiatement fait sensation, car il a su adapter avec brio sa formation traditionnelle en muay thaï au format du K-1.

À 22 ans, Buakaw a remporté le championnat du monde K-1 MAX 2004, s’imposant ainsi comme l’un des meilleurs frappeurs au monde. Son parcours vers la victoire a été marqué par des performances dominantes face à Wayne Parr et Takayuki Kohiruimaki, ainsi que par une victoire décisive contre Masato en finale.

Buakaw contre Wayne Parr (AUS) – 7 juillet 2004 | Finale du tournoi mondial K-1 World MAX 2004, quarts de finale (Tokyo, Japon)
Buakaw contre Takayuki Kohiruimaki (JPN) – 7 juillet 2004 | K-1 World MAX 2004, finale du tournoi mondial, demi-finale (Tokyo, Japon)
Buakaw contre Masato (JPN) – 7 juillet 2004 | Finale du tournoi mondial K-1 World MAX 2004 (Tokyo, Japon)

L’année suivante, Buakaw s’est qualifié pour la finale du K-1 World MAX 2005, où il a affronté Andy Souwer.

Buakaw Banchamek contre Andy Souwer : finale du K-1 Max 2005
Buakaw et Andy Souwer s’affrontent lors de la finale du K-1 Max 2005 | Kickboxersblog

Le combat a été totalement à sens unique. Buakaw a dominé chaque échange, démolissant Souwer à coups de coups de pied et de genoux. Chaque fois que Souwer tentait de réduire la distance, Buakaw le repoussait d’un coup de pied croisé du gauche, d’un teep ou d’une projection en clinch. Bien que le K-1 ne comptabilise pas les balayages, ceux-ci étaient autorisés et ont visiblement épuisé Souwer tant physiquement que mentalement.

Malgré la domination de Buakaw, les juges ont imposé non pas un, mais deux rounds supplémentaires. Même après que celui-ci eut dominé ces deux rounds, ils ont inexplicablement attribué la victoire à Souwer par décision partagée — une nouvelle tentative évidente de la part du K-1 d’empêcher un combattant de muay thaï de s’imposer face à un kickboxeur sur leur scène.

Buakaw contre Andy Souwer (NED) – 20 juillet 2005 | Finale du championnat K-1 World MAX 2005 (Yokohama, Japon)

Malgré cet échec, il est revenu plus fort en 2006, balayant une nouvelle fois tous ses adversaires et remportant son deuxième titre K-1 World MAX — devenant ainsi le premier combattant à réaliser cet exploit. En finale, il a pris sa revanche sur sa défaite précédente en mettant Souwer KO d’un direct du droit.

Buakaw contre Andy Souwer (NED) 2 – 30 juin 2006 | Finale du championnat du monde K-1 World MAX 2006 (Yokohama, Japon)

Lors des quarts de finale du K-1 World MAX 2007 contre Masato, Buakaw a été mis au tapis dès le premier round par un crochet du droit, mais il n’a montré aucun signe de blessure et s’est immédiatement relevé avec le sourire. Mis à part ce moment, Buakaw a dominé l’intégralité du combat, malmenant Masato à coups de genoux et de coups de pied tout au long des trois rounds. Malgré sa domination, les juges ont accordé la victoire à Masato par décision unanime.

Les défis de l’après-K-1 (2008-2011)

Après son parcours dominant au K-1, Buakaw a continué à combattre, mais le cours de sa carrière a commencé à changer. Il a bien démarré l’année 2008, en battant Yoshihiro Sato et Albert Kraus pour atteindre les quarts de finale du K-1 World MAX, mais son élan a été stoppé lorsque Sato l’a mis K.O. lors de leur revanche. Plus tard dans l’année, il affronta à nouveau Kraus lors d’un combat organisé par It’s Showtime, où il contrôla les échanges à l’aide de coups de pied bas, de coups de genou et de coups de pied moyens, mais les juges accordèrent de manière controversée la victoire à Kraus.

Lors des demi-finales du K-1 World MAX 2009, Buakaw a dominé Andy Souwer pendant trois rounds, sans encaisser pratiquement aucun coup. Malgré sa supériorité évidente, les juges ont imposé deux rounds supplémentaires avant d’accorder, de manière inexplicable, la victoire à Souwer.

Frustré par la corruption, les décisions arbitraires et les litiges financiers, Buakaw s’est retiré du tournoi K-1 World MAX 2010. À la recherche de nouvelles opportunités, il s’est lancé dans le Shoot Boxing, une discipline japonaise autorisant un nombre limité de projections et de soumissions. Cette année-là, il a remporté la Shoot Boxing S-Cup 2010, devenant ainsi le premier combattant thaïlandais à décrocher ce titre.

Buakaw Banchamek - Champion de la Shoot Boxing S-Cup 2010
Champion de la S-Cup de Shoot Boxing 2010 | Gumpun

Renaissance (2012-2014)

En mars 2012, Buakaw a brusquement disparu de la scène compétitive, avant de révéler par la suite qu’il avait quitté le Por Pramuk Gym en raison d’une exploitation financière et de mauvais traitements. Son départ a donné lieu à des batailles juridiques, le club ayant tenté de l’empêcher de combattre sous le nom de Buakaw Por Pramuk.

Déterminé à reprendre le contrôle, il a changé de nom pour devenir Buakaw Banchamek et a fondé le Banchamek Gym. Cependant, des différends contractuels l’ont dans un premier temps empêché de combattre, et il a été brièvement suspendu de Thai Fight. Après avoir réglé ces problèmes, il a fait son retour en avril 2012, en participant à un événement Thai Fight à Pattaya.

Buakaw au Banchamek Gym
Salle de sport Banchamek | Evolve MMA

En décembre, Buakaw a défendu son titre de la King’s Cup dans la catégorie des 70 kg du Thai Fight en battant Vitaly Gurkov en finale. Il est resté invaincu au Thai Fight, remportant plusieurs victoires par KO, bien que l’organisation ait initialement mis en scène des combats à sens unique opposant les meilleurs Thaïlandais à des étrangers inexpérimentés.

Buakaw a continué à combattre au sein du Kunlun Fight, de la TopKing World Series et du Rizin, mais il n’affrontait plus les mêmes adversaires d’élite. Même s’il continuait à dominer, la plupart de ses adversaires étaient moins confirmés que ceux qu’il avait rencontrés à l’époque du K-1.

Lors de la finale du K-1 World MAX 2014, Buakaw a dominé Enriko Kehl pendant trois rounds, le surpassant aux coups sans subir pratiquement aucun dommage. Malgré cela, les juges ont imposé un round supplémentaire. Refusant de se plier à une nouvelle injustice flagrante, Buakaw a quitté le ring en signe de protestation, ce qui a entraîné une défaite par forfait. Il a par la suite exprimé sa frustration face à l’arbitrage et aux changements de règlement, déclarant qu’il préférait que ce soit le public qui décide de l’issue du combat.

Ce combat a marqué sa dernière apparition au K-1, le dernier épisode d’une longue série d’injustices qui ont conduit à son départ.

Buakaw contre Enriko Kehl (ALL) - Finale du K-1 World Max 2014
Buakaw a donné un coup de pied au visage d’Enriko Kehl lors de la finale du K-1 World Max 2014

Fin de carrière (2015–aujourd’hui)

Buakaw a passé une grande partie de la fin de sa carrière à disputer des combats en Thaïlande et en Chine, remportant notamment le titre de champion du monde des poids moyens de muay thaï du Kunlun Fight en 2016. Même si le niveau de ses adversaires était variable, il est resté une figure majeure de ce sport, attirant des foules dans le monde entier.

En 2022, il a fait ses débuts au BKFC en remportant une victoire par K.O. au premier round, puis a battu Saenchai lors d’un combat de muay thaï à mains nues. À mesure que sa carrière sportive ralentissait, il s’est orienté vers des combats de démonstration très médiatisés, contribuant ainsi à maintenir le muay thaï sous les feux de la rampe à l’échelle mondiale.

Buakaw - Une légende du Muay Thai
L’un des plus grands de tous les temps dans les sports de combat | Muay Thai Chai

Buakaw est largement considéré comme l’un des plus grands kickboxeurs de tous les temps, non seulement pour sa domination, mais aussi pour avoir surmonté les obstacles incessants qui se dressaient sur son chemin. Si le jugement avait été équitable, il aurait pu remporter cinq ou six titres K-1 World MAX, s’imposant ainsi comme le meilleur incontesté de son époque.

S’il est devenu une icône mondiale grâce au kick-boxing, il ne faut pas pour autant oublier ses racines dans le circuit d’élite des stades de muay thaï. Il a passé ses meilleures années à combattre selon des règles modifiées face à des adversaires internationaux, plutôt que de rester en Thaïlande pour se battre au stade Lumpinee ou au Rajadamnern. Compte tenu de sa carrure et de son style, il était taillé pour dominer les combattants étrangers lors de grandes manifestations offrant des cachets plus élevés. On ne peut toutefois s’empêcher de se demander ce qu’il aurait pu accomplir s’il était resté en Thaïlande, face aux meilleurs combattants thaïlandais de son époque.

À 42 ans, Buakaw continue de combattre tout en encadrant la nouvelle génération au Banchamek Gym. Parmi ses élèves figure Superbon, ancien champion des circuits Glory et ONE.

Les victoires marquantes de Buakaw Banchamek

AdversaireRésultatAnnéePourquoi c’était important
John Wayne ParrVictoire (KO)2004Il s’est fait connaître à l’échelle internationale lors de son ascension au K-1
Masato KobayashiVictoire (décision)2004A remporté son premier titre au K-1 MAX World Grand Prix
Takayuki KohiruimakiVictoire (décision)2004A battu le favori japonais lors de son ascension au K-1
Andy SouwerVictoire (décision)2005S’est imposé parmi l’élite du kick-boxing
Yoshihiro SatoVictoire (TKO)2008A pris sa revanche après une défaite controversée sur un coup de coude
Nicky HolzkenVictoire (décision)2014Kickboxeur européen d’élite battu
Dzhabar AskerovVictoire (KO)2014A fait preuve d’une puissance de frappe dévastatrice
Yi LongVictoire (décision)2015Un combat cross-over très médiatisé suivi dans toute l’Asie
SaenchaiVictoire (décision unanime)2023Super-combat historique du BKFC Thaïlande opposant deux légendes du muay thaï

Programme d’entraînement

Il est tout simplement incroyable que Buakaw ait disputé plusieurs combats en une seule soirée lors de ces tournois, et qu’il ait souvent dû aller jusqu’aux prolongations. Lors de sa victoire de 2004, par exemple, il a disputé le nombre impressionnant de dix rounds répartis sur trois combats en une seule soirée. En 2005, il a disputé onze rounds en une seule soirée, et en 2006, il a disputé sept rounds répartis sur trois combats en une seule journée.

Compte tenu de son calendrier de combats extrêmement chargé pendant les tournois, son programme d’entraînement se devait d’être exceptionnel. « The White Lotus » suivait un programme d’entraînement rigoureux qui illustre parfaitement son incroyable dévouement aux sports de combat.

Se levant sans tarder à 5 h 30 du matin, il entame une séance d’échauffement exigeante, parcourant une distance impressionnante de 6 à 10 miles, soit environ 9 à 16 km. Le cœur battant à tout rompre et les muscles bien échauffés, Buakaw se lance directement dans son programme d’entraînement intensif. Ce programme comprend un éventail impressionnant d’activités, notamment quinze rounds de travail aux pads et au sac, des exercices de musculation et de conditionnement physique, ainsi que des séances intenses de clinch ou de sparring.

Vers 15 h, il entame une nouvelle séance de course à pied, ce qui renforce sa détermination et lui permet de maintenir une condition physique irréprochable. Après sa deuxième séance de course, Buakaw Banchamek enchaîne sans transition avec son programme d’entraînement habituel, effectuant ainsi quinze rounds d’entraînement exténuants supplémentaires. Ce programme intense s’achève généralement vers 20 h, ce qui lui laisse juste assez de temps pour un dîner bien mérité.

Buakaw trahi

À l’âge de douze ans, Buakaw Banchamek a commencé à s’entraîner au Por. Pramut Gym. Ce centre d’entraînement comptait de nombreux grands combattants, parmi lesquels Namsaknoi, Chokdee et bien d’autres. C’est en grande partie grâce à l’expérience acquise dans ce club qu’il a connu le succès à l’échelle mondiale.

En 2012, après avoir remporté plusieurs titres mondiaux sous la houlette du Por. Pramut Gym, Buakaw a quitté ce centre d’entraînement. Alors que « The White Lotus » est resté discret sur la question, de nombreux experts du milieu expliquent que, malgré son succès international, Buakaw s’est retrouvé sans le sou. La quasi-totalité de ses gains remportés au K-1 et lors d’autres titres mondiaux a été prélevée par son manager et ses entraîneurs.

L’une de ces anecdotes raconte qu’il aurait remporté dix millions de yens grâce à une victoire au K-1 MAX, mais que Buakaw Banchamek n’en aurait gardé que 20 000 pour lui, tandis que Por. Pramuk s’offrait plusieurs maisons. Il était au sommet de sa gloire, mais n’avait pourtant pas d’argent. Se sentant trahi, « The White Lotus » a quitté ce club.

La séparation n’a pas été à l’amiable. Peu après l’annonce de la nouvelle en 2012, le club Por. Pramuk Gym a tenté de traîner Buakaw en justice et de lui réclamer la somme colossale de 100 000 000 de bahts thaïlandais, soit environ 3,2 millions de dollars.

Par la suite, Buakaw Banchamek a fondé son propre club de boxe, qui porte son nom : le Banchamek Gym. Ce club a contribué à former des « Nak Muays » pour en faire des athlètes professionnels, tout en veillant à ce que ces jeunes combattants thaïlandais ne soient pas exploités par leurs entraîneurs et leurs managers.

Kru Dee, entraîneur en chef du Banchamek Gym, s’est confié à VICE en 2015 et a déclaré :

« Pour ma part, je ne suis pas là pour l’argent. Je veux offrir à ces enfants une vie meilleure. Une activité. Une forme de discipline. Tout ce que j’attends en retour, c’est que lorsqu’ils arriveront dans le grand stade, ils se souviennent de moi et me remercient. Et ça me suffit. »

Buakaw a ensuite partagé une partie de sa philosophie. « Il ne s’agit pas seulement de gagner », a-t-il expliqué :

« Je leur dis de respecter leurs parents et leurs aînés. Pour moi, il est important que les enfants soient capables de se débrouiller seuls. Je veux qu’ils comprennent que le muay thaï est un moyen de sortir de la pauvreté, mais qu’il en existe d’autres, comme être une personne bien et faire preuve d’intelligence et de talent. »

Héritage

L’héritage de « The White Lotus » transparaît clairement chez la nouvelle génération d’attaquants thaïlandais. Dans une interview accordée à Tim Wheaton, l’ancien champion du monde de kickboxing ONE, Superbon Singha Mawynn, a expliqué :

« J’étais comme un petit enfant. Il a tout accompli. C’est un modèle pour moi et pour tout le monde en Thaïlande. »

Le prodige du muay thaï Tawanchai PK.Saenchai a refusé, lors d’une interview, d’être ne serait-ce que comparé à « The White Lotus ». S’adressant à Wheaton, le champion du monde ONE de muay thaï a déclaré :

« Je ne voudrais pour rien au monde qu’on me compare à un héros comme Buakaw. Je l’admire énormément ! »

La superstar du Muay Thai, Rodtang Jitmuangnon, a déclaré que ses deux plus grandes sources d’inspiration étaient Nai Khanom Tom, considéré comme le père du Muay Thai, ainsi que Buakaw. Le champion du monde ONE Muay Thai a déclaré :

« La légende ou la personne que j’admire le plus, c’est Nai Khanom Tom, l’un des boxeurs légendaires de Thaïlande, et l’autre personne, c’est Buakaw, qui m’inspire dans la boxe [thaïlandaise]. »

Le parcours de Buakaw, depuis ses débuts en tant que jeune garçon passionné de muay thaï jusqu’à son ascension au rang de superstar des sports de combat, est tout simplement remarquable. Grâce à des années de dévouement, de travail acharné et d’entraînement sans relâche, il s’est hissé au sommet du monde du kick-boxing, remportant plusieurs titres de champion du monde et gagnant l’admiration tant des fans que de ses pairs.

Le succès de Buakaw, malgré la trahison et les difficultés financières, témoigne de sa résilience et de sa passion inébranlable pour ce sport. De plus, son influence dépasse le cadre de ses exploits personnels, puisqu’il continue d’inspirer et d’encadrer la prochaine génération de combattants thaïlandais, laissant ainsi une empreinte indélébile dans le monde des sports de combat. Grâce à son incroyable talent, à ses combats légendaires et à la création de son propre club destiné à soutenir les jeunes athlètes, Buakaw Banchamek a consolidé son statut de véritable superstar et de source d’espoir pour les combattants en herbe en Thaïlande et au-delà.