Robert Kaennorasing : un génie technique | Biographie et meilleurs combats
Formé au sein du célèbre Jocky Gym, véritable bastion de l’excellence technique dans la Thaïlande des années 90, Robert Kaennorasing s’est imposé comme un symbole d’excellence sur le ring. Son parcours, marqué par des origines modestes, associé à sa maîtrise des techniques du muay thaï, lui a permis de se forger une place à part dans l’univers légendaire des sports de combat.
| Nom : | Robert Kaennorasing |
| Nom de naissance : | Pinit Somphet |
| Nom thaï : | Robert Kaennorsingh |
| Date de naissance : | 29 avril 1972 |
| Lieu de naissance : | Province de Khon Kaen, Thaïlande |
| Hauteur : | 1,74 m (5 pieds 8 pouces et demi) |
| Poids : | 59 kg (130 lb ; 9,3 st) |
| Style : | Muay Thai, Fimeu |
| Profession : | Entraîneur de muay thaï |
| Position : | Gaucher |
| Lieu de combat : | Bangkok, Thaïlande |
| Équipe : | Jockygym Kaennorasing (1984-1987) |
Robert est né dans un petit village près de la ville de Khon Kaen, dans la province d’Issan, réputée depuis des années pour avoir formé de nombreux combattants thaïlandais de renom, parmi lesquels Pudpadnoi Warrawut, Karuhat Sor Supawan, Cherry Sor Wanich, Krongsak Boranrat et Somrak Khamsing. À l’âge de 12 ans, Robert s’est lancé dans l’aventure du muay thaï dans son village aux côtés de son jeune frère Rolex, qui est lui aussi devenu un combattant célèbre. Ils s’entraînaient au club Kaennorasing, où de futurs champions tels que Wanwiset Kaennorasing et Wanpichit Kaennorasing ont également perfectionné leurs techniques. Ce club, dirigé par Maître Kaendjai Norrasingh, était idéalement situé à seulement 5 minutes à pied du domicile de Robert. C’est là que M. Norrasingh a donné à Robert son nom de combat : « Adisak Kaennorasing ».
Robert a remporté son premier combat, ce qui lui a valu un prix de 150 bahts. Il a finalement disputé 70 combats au total pour le club, s’imposant comme un combattant de Muay Femur très talentueux et se forgeant une solide réputation dans le nord-est de la Thaïlande.
À l’âge de 15 ans, Robert a rejoint le Jocky Gym, situé dans le quartier de Bang Pho à Bangkok. Fondé en 1974 par Maître Soma Thong Sakoun, le Jocky Gym s’est rapidement forgé une réputation de véritable pépinière de champions. Il a formé des combattants légendaires tels que Somrak Khamsing, Saenchai, Lerdsila Chumpairtour, Kaoklai Kaennorasing et bien d’autres encore.
C’est pendant son passage au Jocky Gym qu’il a adopté le nom de « Robert », abandonnant ainsi son ancien nom « Adisak », tout en conservant son surnom de camp d’entraînement, « Kaennorasing ». C’est ainsi qu’est né Robert Kaennorasing.
Une étoile montante à Rajadamnern
La réputation de Robert dans les stades thaïlandais ne cessait de grandir : il a notamment battu des combattants de renom au Samrong Stadium, tels que Manasak Pleukdaeng, et a obtenu un match nul face au grand favori Rittidet Sor Ploenchit en 1988. L’année suivante, Robert a poursuivi sa série de victoires, remportant notamment des succès marquants face au redoutable frappeur Lakhin Wassandasit.
Ces victoires lui ont permis de décrocher une chance de remporter le titre Rajadamnern des 105 lbs en septembre de la même année, alors qu’il n’avait que 17 ans. Son adversaire était Songkram Porpaoin, un boxeur doté d’une grande puissance de frappe originaire de la province de Phetchabun. Robert s’est imposé aux points, remportant ainsi le titre de champion Rajadamnern des 105 lbs.
En septembre 1990, Robert a participé à la 2e édition du tournoi « Isuzu Cup » à 8 combattants, qui s’est déroulé au stade Samrong de Samut Prakan. Les combats étant espacés de deux mois, il a d’abord battu aux points Prakardseuk Kiatmuangtrang lors de son premier combat, puis a affronté Muay Bouk Chartchainoi Chaorai-Oi en demi-finale, qu’il a remportée aux points. En finale, il a affronté « le chasseur de coudes aux 100 points de suture », Yodkhunpon Sittraipum, et s’est imposé aux points, remportant ainsi le titre du tournoi à l’âge de 19 ans.
En 1991, Robert a connu une nouvelle année remarquable, en battant plusieurs adversaires redoutables tels que Neungsiam Kiatvichian et Padejsuek Kiatsamran. Il a toutefois dû relever un défi de taille face à Rajasak Sor Vorapin, alors champion du Rajadamnern dans la catégorie des 122 livres, un redoutable combattant de Muay Khao originaire de la province de Buriram, surnommé « The Deadly Knee ».
Malgré une défaite face à Rajasak par décision des juges en juin de cette même année, Robert a rapidement pris sa revanche trois mois plus tard, dans le cadre d’une série de victoires qui l’a propulsé vers un nouveau combat pour le titre, cette fois dans la catégorie des 126 livres.
Robert a fait preuve d’un génie tactique face au champion en titre de la catégorie des 126 livres et s’est imposé, remportant ainsi le titre Rajadamnern dans cette catégorie.
Deux mois plus tard, Robert a défendu son titre fraîchement acquis face à un vieil adversaire, Padejsuek Kiatsamran, qui enchaînait les victoires grâce à ses teeps longs et ses puissants coups de pied gauches. Robert a néanmoins réussi à déjouer ce redoutable gaucher, défendant ainsi avec succès son titre des 126 livres pour la première fois. Il est intéressant de noter que c’est justement un « teep » de Robert qui a mis fin au combat contre Padejsuek, retournant ainsi l’arme favorite de ce dernier contre lui.
Cette année-là, Robert a enchaîné une incroyable série de défenses de titre, en battant Rajasak Sor Vorapin, Jack Kiatniwat et le maître technique de Korat, Buakaw Por Pisitchet.
À peine un mois plus tard, Robert se préparait à ce qui allait être son épreuve la plus difficile à ce jour : un affrontement avec le champion en titre des 130 livres du stade Lumpinee, « The Ring Genius » Namkabuan Nongkeepahuyuth. Ce combat très attendu devait se dérouler au stade Rajadamnern, opposant le champion du Rajadamnern au champion du Lumpinee.
Ce soir-là, les spectateurs ont assisté à une démonstration époustouflante de maîtrise technique de la part des deux combattants, le champion du Rajadamnern finissant par prendre le dessus sur son homologue du Lumpinee. Ce combat exceptionnel a remporté le prix du « Combat de l’année 1992 » décerné par l’Association des journalistes sportifs de Thaïlande.
En 1993, Robert a connu un début d’année difficile, avec des défaites face à Therdkiat Sittepitak, ancien détenteur du titre des 126 livres déterminé à reconquérir sa place au Lumpinee, et face à Komphet Lukprabat, qui a remporté sa deuxième victoire contre Robert en l’espace de 18 mois.
Cependant, plus tard dans l’année, Robert s’est retrouvé en mesure de disputer le titre du Rajadamnern dans la catégorie des 130 livres contre l’ancien coéquipier de Komphet, Jongrak Kai-Adisorn, ce qui laissait entrevoir un possible revirement de situation.
Robert s’est imposé à la décision, donnant ainsi le coup d’envoi d’une trilogie de combats contre Jongrak.
La première défense de titre contre Jongrak a eu lieu en octobre et s’est soldée par un match nul. Cependant, les spectateurs, en particulier les parieurs présents dans les tribunes, ont manifesté leur mécontentement face à ce résultat. Des huées ont retenti dans tout le stade bondé, et des projectiles ont été lancés sur le ring dès l’annonce du résultat.
Cela a créé le contexte idéal pour un nouveau match le mois suivant, afin de trancher la question.
Robert a défendu son titre avec succès pour la deuxième fois face à Jongrak, en s’imposant par décision partagée.
Cette période de triomphes a été suivie de trois défaites qui ont donné à réfléchir, notamment face à des adversaires bien connus, Therdkiat et Namkabuan, respectivement en novembre 1993 et mai 1994.
De plus, un mois plus tard, Robert a subi une défaite par K.O. face à un Jongsanan Fairtex en pleine ascension, qui a ensuite remporté le titre Lumpinee des 135 livres dès son combat suivant contre « Psycho » Chandet Sor Prantalay.
S’éloigner des feux de la rampe
À partir de 1995, Robert a considérablement réduit la fréquence de ses combats. Il a toutefois remporté des victoires notables durant cette période, notamment une victoire mémorable contre le célèbre kicker gaucher Pairot Wor Wolapon au stade Rajadamnern, ainsi qu’une victoire contre Panmongkol Carryboy et deux victoires contre Tappaya Sit-Or au stade Channel 7.
En 2000, Robert a affronté la sensation française Jean-Charles Skarbowsky à Las Vegas pour le titre mondial de muay thaï de l’I.S.K.A. dans la catégorie des 65 kg. Skarbowsky, fort d’une série de 20 victoires consécutives, venait de battre plusieurs combattants thaïlandais de renom, dont Duan Esarn, classé n° 4 au Lumpinee, lors de l’événement organisé à Sanam Luang à l’occasion de l’anniversaire du roi.
Skarbowsky n’a pas tardé à s’imposer dans le combat et a enchaîné une combinaison imparable contre Robert dès le premier round, remportant ainsi la victoire par K.O. Ce résultat inattendu a permis à Skarbowsky, initialement considéré comme l’outsider, de s’imposer face à Robert, pourtant plus expérimenté.
Six mois plus tard, tout était prêt pour la revanche lors de l’événement organisé à l’occasion de l’anniversaire du roi à Bangkok.
Robert a cherché à se racheter et y est parvenu : il a battu Skarbowsky aux points et est devenu le nouveau champion WPMF des 140 livres.
Vers la fin de sa carrière, Robert se retirait souvent de ses combats à la dernière minute, ce qui a entraîné une réduction de son calendrier de combats. Les promoteurs et les parieurs se sont mis à se méfier de sa condition physique et à douter de sa capacité à répondre aux exigences élevées imposées par les stades thaïlandais.
Aujourd’hui âgé d’une trentaine d’années, Robert a affronté des adversaires de niveau inférieur en Chine et aux États-Unis jusqu’en 2004, mais sans grand succès.
L’héritage de Robert Kaennorasing
Le style de combat de Robert restera dans les mémoires comme l’un des plus esthétiques de l’histoire du muay thaï. Aujourd’hui, il s’attache à transmettre son immense savoir et ses compétences à la nouvelle génération au club de Jean-Charles Skarbowsky à Paris, où il travaille comme entraîneur depuis plusieurs années.
Jean-Charles, qui s’est également entraîné à l’ancien Jocky Gym dans les années 1990 alors qu’il combattait en Thaïlande, a par la suite racheté ce club. Celui-ci est toujours en activité aujourd’hui.