Le kick-boxing néerlandais : qu'est-ce que c'est ?
Le kick-boxing néerlandais est un art martial qui s’est imposé comme une référence dans le monde des sports de frappe. Le kick-boxing néerlandais peut être un sujet complexe à aborder, car il s’agit d’un mélange de plusieurs arts martiaux qui a donné naissance à un style unique.
Qu’est-ce que le kick-boxing néerlandais ?
Le kick-boxing néerlandais est un style de combat qui a exercé une influence prépondérante pendant l’âge d’or du kick-boxing. Cette période, qui s’est étendue de la fin des années 1990 au début des années 2000, s’est principalement déroulée au Japon, dans le cadre du K-1.
Le kick-boxing néerlandais peut être défini comme une forme de kick-boxing qui fait appel à des enchaînements de coups de poing puissants se terminant par des coups de pied bas percutants. En défense, en raison de la taille imposante des gants, les combattants ont tendance à se replier sur eux-mêmes. Chaque combattant exerce généralement une pression offensive vers l’avant.
De plus, le kick-boxing à la néerlandaise se distingue des autres arts martiaux lors des entraînements. Lors des combats d’entraînement, les kickboxeurs néerlandais enchaînent des combinaisons à pleine puissance contre leur adversaire, qui se protège. Une fois la combinaison terminée, c’est au tour de l’adversaire de riposter par une combinaison à pleine puissance.
Si ce style est devenu unique, c’est parce que, dans les années 1980, de nombreux styles de combat se disputaient la vedette sur la scène internationale. Il s’agissait notamment du karaté Kyokushin, du kick-boxing américain et du muay thaï. À un certain moment, les kickboxeurs néerlandais allaient dominer ces trois disciplines. À l’âge d’or du kick-boxing, le K-1 allait devenir le plus grand sport de frappe au monde, dominé par des combattants de style néerlandais.
À une certaine époque, le kick-boxing de style néerlandais et le kick-boxing K-1 étaient synonymes. Aujourd’hui, le kick-boxing, tel qu’on le pratique dans les organisations GLORY, RISE, K-1 ou ONE Championship, reste largement influencé par le kick-boxing néerlandais tel qu’il était pratiqué au K-1. Bien sûr, tous les kickboxeurs ne pratiquent pas le style néerlandais. Le kick-boxing de style néerlandais n’est d’ailleurs pas l’apanage des Pays-Bas, et tous les combattants néerlandais ne pratiquent pas nécessairement le kick-boxing néerlandais.
Aujourd’hui encore, le kick-boxing reste un mélange hétéroclite de styles. Même si le kick-boxing néerlandais a dominé pendant un certain temps, il n’a pas complètement pris le dessus sur ce sport. Par exemple, le champion de kick-boxing RISE, Shiro Matsumoto, et l’ancien champion du monde de kick-boxing ONE, Superbon Singha Mawynn, pratiquent le kick-boxing dans un style inspiré du muay thaï. De plus, le champion RISE de kickboxing Kento Haraguchi et l’ancien champion du monde ONE de kickboxing Hiroki Akimoto sont des frappeurs dont le style s’inspire du karaté Kyokishin.
Muay Thai contre kick-boxing néerlandais
Le kick-boxing néerlandais recourt généralement à des enchaînements de coups de poing puissants, qu’il conclut par des coups de pied bas tout en exerçant une pression agressive. À l’inverse, le muay thaï comporte souvent de longues phases d’observation, et les coups de poing servent généralement à préparer un coup de pied ou une attaque en clinch. Le kick-boxing néerlandais ne met généralement pas l’accent sur le travail en clinch.
Bien sûr, définir le Muay Thai ou le kick-boxing néerlandais en des termes aussi simplistes ne rend justice ni à l’un ni à l’autre. Il existe de nombreux styles différents de combattants de Muay Thai qui ne correspondent pas au profil type décrit ici. Par exemple, Rodtang Jitmuangnon, l’actuel champion du monde ONE de Muay Thai, ne correspond absolument pas à cette description. Avec ses combinaisons de coups de poing agressives et puissantes, on aurait presque l’impression de décrire un kickboxeur de l’âge d’or du K-1.
Nous abordons ainsi la question de la description de styles souples à l’aide de définitions rigides. On trouve ainsi des frappeurs de muay thaï qui utilisent des enchaînements de coups de poing, des combattants de karaté Kyokishin qui s’imposent en kick-boxing, des combattants de style néerlandais qui s’imposent en muay thaï, et même des kickboxeurs néerlandais qui s’imposent en karaté Kyokishin. Pour chaque règle que nous ajoutons comme définition à un style, il existe une multitude d’exceptions. Nous ne faisons que définir les styles dans les termes les plus généraux possibles.
Déterminer quelle est la meilleure discipline de combat n’est pas chose aisée, et cette question s’accompagne toujours de la sous-question : « Selon quelles règles ? ». Certains kickboxeurs néerlandais ont connu des victoires et des défaites en muay thaï. De même, certains combattants thaïlandais ont connu des victoires et des défaites en kickboxing. Ramon Dekkers est un excellent combattant néerlandais de muay thaï, tandis que Buakaw Banchamek est un excellent combattant thaïlandais de kick-boxing. Le muay thaï et le kick-boxing néerlandais peuvent tous deux s’adapter l’un à l’autre ainsi qu’au MMA.
Histoire du kick-boxing de style néerlandais
La personnalité la plus importante de l’histoire du kick-boxing néerlandais est un karatéka japonais du nom de Kenji Kurosaki. Kurosaki était un élève du fondateur du karaté Kyokushin, Mas Oyama.
Dans les années 1960, Kurosaki s’est essayé au muay thaï et s’est fait mettre K.O. dès le premier round. Le karaté Kyokushin n’autorisait pas les coups de poing au visage en compétition. C’est ce qui a marqué le début de sa rupture avec Mas Oyama.
Jon Bluming était un Néerlandais qui s’entraînait aux côtés d’Oyama à la même époque et qui allait finalement quitter le club pour travailler aux côtés de Kurosaki. À propos de Mas Oyama, Bluming a déclaré lors d’une interview :
« Eh bien, dans un combat de karaté classique, il y a tous ces arbitres de coin, l’arbitre principal, les sifflets et les cris, puis ils doivent s’arrêter, recommencer, s’écarter et recommencer encore, round après round, ce qui est ridicule. Ça n’a rien à voir avec le combat. »
Jon Bluming
Kurosaki a fondé le Mejiro Gym, où l’on enseignait un nouveau style d’arts martiaux. Avec le temps, on allait reconnaître en cela une forme précoce de kick-boxing. Au fil des années, il forma Toshio Fujiwara, qui fut le premier non-Thaïlandais à remporter un titre au Stadium en muay thaï. Les personnalités les plus importantes avec lesquelles il a travaillé étaient un Néerlandais nommé Jan Plas et Jon Bluming.
Jan Plas était un combattant de karaté Kyokushin qui allait apprendre le kick-boxing au Mejiro Gym de Tokyo, au Japon, auprès de Kurosaki. Plas finit par rentrer chez lui à Amsterdam et fonda le Mejiro Gym en 1978 avec Jon Bluming. Le Mejiro Gym d’Amsterdam est considéré comme le berceau du « kick-boxing néerlandais ». C’est Johan Vos, entraîneur de ce club, qui commença à affiner ce style pour en faire ce que nous connaissons aujourd’hui.
Le Mejiro Gym comptait plusieurs élèves de renom, tels que Peter Aerts, Remy Bonjasky, Andy Souwer, Lucien Carbin et, surtout, Ernesto Hoost.
Au sujet de l’influence de Jan Plas, Lucien Carbin, champion du monde de karaté Kyokushin et de muay thaï, a expliqué :
« Ainsi, lorsque Jan Plas s’est rendu au Japon, il n’a pas été autorisé à s’entraîner avec Mas Oyama. Il s’est promené un peu partout et, en passant devant le Mejiro Gym, il y est entré. À son retour aux Pays-Bas, il m’a dit que je devais me concentrer sur les coups de pied bas, car j’étais un grand admirateur de Bruce Lee et je ne donnais que des coups de pied hauts. »
Lucien Carbin
Ernesto Hoost allait devenir une figure emblématique du kick-boxing néerlandais. Il alliait des enchaînements de coups hauts et bas, notamment des combinaisons de coups de poing menant à des coups de pied bas. Hoost s’imposa comme une figure incontournable du kick-boxing américain, appelé « Full Contact », et remporta des titres européens en muay thaï et en savate.
C’est toutefois dans le K-1 Kickboxing qu’il a apporté ses contributions les plus importantes à ce sport. Son style a largement contribué à façonner l’image que l’on se fait aujourd’hui du kickboxing. L’athlète néerlandais a remporté quatre titres mondiaux du Grand Prix K-1 et a été surnommé « Mr Perfect ».
Par ailleurs, peu après la création du Mejiro Gym, un combattant néerlandais de karaté Kyokushin, Cor Hemmers, a fondé le « Hemmers Gym », qui a également joué un rôle déterminant dans le développement du kick-boxing à la néerlandaise. Ce club a formé des combattants de renom tels que Ramon Dekkers, Nieky Holzken, Alistair Overeem, Bas Rutten et bien d’autres encore.
Le style de kick-boxing K-1 finirait par s’imposer face aux autres disciplines de combat à coups de pied populaires de l’époque. Le kick-boxing américain, appelé « Full Contact », n’autorisait pas les coups de pied bas. Finalement, le Full Contact tomba dans l’oubli et le K-1 régna en maître.
Thom Harinck, l’un des entraîneurs légendaires de cette époque, a évoqué dans une interview le système du Grand Prix et les raisons de son immense succès. Il a déclaré :
« J’apprécie beaucoup le système du K-1, car il permet vraiment de découvrir le véritable combattant, celui qui est capable d’atteindre la finale. Lors du premier combat, on ressentait déjà une certaine douleur ; lors du deuxième, cette douleur s’intensifiait, et pourtant, il fallait encore se battre en finale. »
Thom Harinck
Le kick-boxing néerlandais a été créé par des pratiquants de karaté qui ont combiné des éléments issus de différents sports. On retrouve ainsi, mélangées, des techniques de muay thaï, de karaté et de boxe dans cette discipline qu’est le kick-boxing de style néerlandais.
Au sujet de la fusion des styles, « Mr Perfect » Ernesto Hoost l’a lui-même expliqué dans une interview :
« Le kick-boxing est né d’une évolution des arts martiaux japonais, et plus précisément du kick-boxing japonais K-1, car c’est précisément ce qui a été créé à partir d’une symbiose entre le karaté Kyokushin et le muay thaï. Le Kyokushin et le muay thaï possèdent chacun de profondes traditions, ce qui constitue un atout majeur pour la formation de la jeune génération. Et les règles du K-1 permettent des combats des plus spectaculaires. »
Ernesto Hoost
Kickboxers de style néerlandais
Pour découvrir le kick-boxing à la néerlandaise en action, ne manquez pas les combattants suivants :
- Ernesto Hoost – Quadruple champion du monde du Grand Prix de kick-boxing K-1
- Ramon Dekkers – Huit fois champion du monde de muay thaï
- Stefan Leko – Champion de muay thaï et de kick-boxing
- Peter Aerts – Triple champion du monde du Grand Prix de kick-boxing K-1
- Bas Rutten – Champion de l’UFC
- Gökhan Saki – Kickboxeur
- Errol Zimmerman – Kickboxeur
- Semmy Schilt – Quadruple champion du monde du Grand Prix de kick-boxing K-1, champion de karaté Kyokushin
- Alistair Overeem – Champion du monde du Grand Prix de kick-boxing K-1, champion du monde de MMA
- Sergej Maslobojev – Champion du monde GLORY des poids mi-lourds
- Rico Verhoeven – Champion du monde GLORY des poids lourds
- Nieky Holzken – Champion du monde GLORY des poids welter
Le kick-boxing néerlandais a une histoire fascinante. Le kick-boxing néerlandais et le muay thaï ne sont pas rivaux ; ils s’inspirent au contraire des meilleures techniques de l’autre discipline. En tant que style axé sur les frappes, le kick-boxing néerlandais n’a pas perdu de sa popularité ces dernières années. En tant que discipline d’arts martiaux, il est resté très présent.